Parmi les figures marquantes de cette industrie, la société Paul Piel, devenue Piel Frères en 1892, joue un rôle crucial dans le développement du bijou fantaisie avant sa fermeture dans les années 1930. Ce soutien industriel permet à de nombreux créateurs de faire émerger une esthétique nouvelle, affranchie des codes rigides de la joaillerie classique.
De leur côté, les ateliers Lesage, fondés en 1924 par Albert Lesage et son épouse (ancienne modéliste chez Madeleine Vionnet), reprennent la maison Michonet et se spécialisent dans la broderie d’art. Strass, cristaux, perles et sequins ornent alors robes de soirée, accessoires… et bijoux de couture. Lesage collabore avec les plus grandes maisons : Dior, Balmain, Givenchy, Chanel, et surtout Christian Lacroix, passionné par la richesse ornementale de la broderie.
Pour transmettre et préserver ce savoir-faire, François Lesage fonde en 1992 l’École de Broderie Lesage, aujourd’hui encore une référence mondiale.
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Un bijou au service de la création vestimentaire
Tout comme le vêtement, le bijou de couture suit un rythme biannuel, avec des collections haute couture et prêt-à-porter. Réalisé en pièces uniques ou en séries très limitées, il est conçu dans des matières fantaisie : résine, plastique, perles de verre, tissus, aluminium… Sa vocation n’est pas de durer, mais d’accompagner un moment de mode, une vision créative, souvent innovante, théâtrale, voire extravagante.
Son rôle est de compléter, voire de prolonger le geste du créateur de mode : il s’agit d’un objet d’expression, parfois expérimental, toujours aligné sur l’esprit des collections. Sa valeur réside non pas dans la noblesse de ses matériaux, mais dans sa force évocatrice.
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L’apogée et le déclin d’un art de la scène
Le bijou de couture s’impose dès les années 1930 comme un élément clé de l’univers haute couture. Son âge d’or s’étend jusqu’aux années 1970, époque où de nombreux créateurs indépendants prennent le relais, proposant des bijoux libérés de l’autorité des maisons de couture.
Ce tournant marque le passage du bijou de maison au bijou d’auteur, annonçant l’entrée en scène de nouvelles approches, plus individuelles, plus artistiques — mais toujours animées par cet esprit de fantaisie maîtrisée et de créativité affirmée.

