1. Les imitations naturelles
Avant l’avènement de la chimie analytique et de la physique cristalline, la classification des pierres précieuses reposait essentiellement sur des critères visuels : couleur, éclat et dureté. Ce contexte a permis de nombreuses confusions entre corindons (saphir et rubis) et autres gemmes.
Ainsi, la majorité des “rubis historiques” ne sont en réalité que des :
- Spinelles rouges, souvent très purs et brillants,
- Quartz rubassés (colorés artificiellement),
- Grenats pyropes et almandins,
- Rubellites (variété rouge de la tourmaline),
- Zircons rouges.
De la même manière, plusieurs gemmes ont pu être prises pour des saphirs bleus :
- Spinelles bleus, tanzanites, cordiérites (anciennement appelées iolites),
- cyanites, tourmalines et zircons bleus.
2. Le doublet grenat-verre (GV)

Apparu entre 1900 et 1950, le doublet GV est une imitation astucieuse : une fine lame de grenat naturel (environ 0,2 mm) est collée sur une base en verre coloré, puis taillée comme une gemme unique.
- L’interface entre les deux matériaux est pratiquement invisible à l’œil nu, grâce à la réfraction de la lumière.
- La lame de grenat est si fine qu’elle peut être confondue avec une simple facette supplémentaire.
- Comme il est courant d’observer les pierres par le dessus (table) avec des instruments non destructifs, le piège peut facilement fonctionner, même sur un observateur averti.
3. Le doublet corindon fin – corindon synthétique (CF–CS)

Cette imitation plus récente repose sur l’assemblage de deux types de corindons :
- La partie supérieure (table) est en corindon naturel, souvent de petite taille ou de faible valeur.
- La partie inférieure (culasse) est en corindon synthétique, produit selon les méthodes Verneuil ou flux.
Cette technique permet de conserver une apparence authentique et noble en surface, tout en réduisant considérablement le coût de production.
Comme pour le doublet GV, seule une observation attentive ou un examen gemmologique poussé permet de détecter la supercherie. À l’œil nu, les deux parties semblent ne faire qu’un.
